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YSSINGELAIS

L'arrondissement d'Yssingeaux n'est qu'une partie du Velay provincial, mais un nombre important de particularités lui donnent une physionomie à part:

- Plateau élevé (800 à 1200 mètres), presque entièrement cristallin à l'exception des marges volcaniques du Sud (Lizieux) et de l'Ouest (sucs autour de Retournac).

- Beaucoup plus pauvre en vestiges antiques que le reste du Velay, il a un habitat disséminé (alors qu'il est groupé dans la majeure partie du Velay) dont la toponymie est dialectale et pour l'essentiel médiévale.

- Sociologiquement, il est marqué par la religion: minorité de Protestants, catholicisme vigoureux depuis la ré-évangélisation du XVII° siècle.

- Economiquement, le Nord de l'Yssingelais est fortement urbanisé et industrialisé, sous l'influence de Saint-Etienne: rubanerie, clouterie, taillanderie depuis le XVII° siècle. Une modernisation radicale, accompagnée d'un fort dynamisme économique et d'une croissance de la population a eu lieu depuis 1960, en symbiose avec la région Rhône-Alpes immédiatement voisine et dont l'Yssingelais n'est de ce point de vue qu'une dépendance. Aurec, Saint-Just - Malmont, Sainte-Sigolène, Monistrol-sur- Loire ont été plus rénovés et dynamisés que Dunières, Riotord, Yssingeaux, mais l'industrie est partout dans ce secteur. Plastiques, tissus élastiques ou spéciaux, mécanique fine ont relayé les activités anciennes. Le Sud de l'Yssingelais, resté rural, a aussi fait un bel effort d'adaptation agricole et agro-alimentaire.

Dialectalement, l'Yssingelais est une "amphizone" (P. Nauton). Sur un fond auvergnat, le recouvrement franco-provençal forézien et rhodanien a été important, maximum dans le Nord, mais les traits franco-provençaux poussent des pointes vers le Mézenc et à l'Ouest, au-delà de la Loire et jusqu'à l'Allier dans le secteur d'Auzon - Jumeaux pour certains traits.

Une littérature dialectale intéressante s'est développée tardivement (depuis la deuxième moitié du XIX° siècle). Elle compte l'abbé Meiller, l'abbé Carrot, Peyroche (un poète au fort tempérament), Boncompain et, au voisinage, l'émouvant poète d'Apinac Claudius Javelle (dont les Poèmes d'un paysan, qui avaient d'abord fait l'objet d'une édition philologique par Mgr. Gardette ont été réédités par le Cercle Terre d'Auvergne). En effet, le plateau de Saint-Bonnet -le - Château dans le département de la Loire et les environs de Saint-Genest - Malifaux se rattachent dialectalement à l'Yssingelais.

Se basant sur un petit nombre de critères, certains linguistes ont classé ce dialecte dans un prétendu vivaro-alpin de la langue d'oc. Or, ces critères se retrouvent par exemple en Bourbonnais méridional à l'est de la Forêt des Colettes. Ce sont ou bien des faits de recouvrement franco-provençal (amuissement du -d- des désinences: parlâ: parlée, pour parladà) ou des avancées de faits italiques relayés par le franco-provençal (première personne des verbes conjugués en -ou, parfois palatalisés en -u, palatalisations blh, flh, plh). En fait les deux interlocuteurs en présence ici ont été l'auvergnat et le franco-provençal, lui même fortement marqué par le français, et les correspondances indiscutables avec le dauphinois outre-rhodanien résultent de ces dernières influences, autre cas de figure d'un grand phénomène français général que nous avons examiné sous le nom d'effet Terracher.

 


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